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Les contributions...
pièges à C... Qui ?
En ces temps de bilan, d’inventaire, d’état des lieux ou de diagnostics, il n’est pas rare que les maîtres d’ouvrage, qui en sont chargés, sollicitent la contribution des acteurs qui peuvent apparaître comme les mieux informés et les plus aux faits.
Cependant, en qualité de contributeur potentiel, il nous faut faire attention car dans « contribution » il y a, c’est certain, le sens de la « tribu» mais pas uniquement…
Si la demande de contributions peut paraître justifiable en tant qu’exigence minimale de la participation de chacun au bon fonctionnement démocratique du groupe, encore faudrait-il que le contributeur soit d’une part, réellement légitime par sa connaissance (voire son expertise) du sujet à analyser et d’autre part, reconnu comme tel par le plus grand nombre afin de crédibiliser et de faciliter l’appropriation et le partage du résultat final. Et, pour la même raison, il conviendrait que, lors de la restitution de la concertation, la synthèse ne soit pas accaparée par le maître d’ouvrage mais que l’apport des contributeurs soit clairement exposé. Ce d’autant plus que si le premier est (souvent) grassement rémunéré pour collecter les contributions, les seconds sont des bénévoles qui doivent se contenter d’être honoré du simple fait d’être contributeur.
Par ailleurs, la démarche en elle-même, quoique noble en apparence, cache souvent, dans les détails, des pièges que le contributeur ne peut, hélas, éviter :
- tout d’abord, ne pas transmettre l’objectif visé afin que la réponse ne puisse pas être contextualisée,
- toujours poser des questions qui contiennent d’une part, une affirmation (souvent très orientée) et d’autre part, la suggestion de la réponse attendue (par exemple : le système est trop complexe, comment pensez-vous qu’il faille le simplifier ?)
- mettre le participant en situation de faiblesse (au sein d’un groupe) pour que « l’animateur » l’amène à dire ce qui est prédéfini,
- mettre un maximum de contraintes de format (vous n’avez droit qu’à 140 signes) ou de délai (répondre entre le 4 et le 10 août),
- et, enfin, comme pour les tirages au sort, ne seront gardées que les réponses qui nous agréent.
Alors, malgré toutes ces critiques, pourquoi CBB Développement répond-il assez systématiquement à toutes les sollicitations ?
Tout d’abord, parce qu’il y a une amicale pression de nos tutelles. Ensuite, parce qu’on se sent toujours un peu flatté d’être élu contributeur. Et enfin, (et surtout) parce que quoiqu’il en soit, puisque nous avons la chance qu’un avis nous soit demandé, donnons-le !
Mais, n’ayons pas la naïveté de croire qu’il sera pris en compte, ni que le collectif nous en sera reconnaissant.
L’important n’est-il pas de participer utilement ?
Gilbert BLANCHARD
Directeur de CBB Développement
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