Le bloc note de Biochimix

 

N° 12 - Septembre 2001

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 Spécial BIO 2001

Le rendez-vous mondial très attendu des Biotechnologies

- Une dominante "Santé" ouverte sur les autres applications
- Un esprit "Pavillon" pour des états concurrents
- Une France biotechnologique bien représentée

- Une occasion manquée pour les biotechnologies bretonnes

 Anciens numéros :

- Biochimix Janvier 2001
- Biochimix Septembre 2000
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Biochimix Février 2000
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Biochimix Septembre 1999
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Biochimix Juillet 1999
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Biochimix Février 1999
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Biochimix Novembre 1998
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Biochimix Septembre 1998
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Biochimix Juillet 1998
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Biochimix Mai 1998

 

Le rendez-vous mondial très attendu des Biotechnologies


Nous sommes nombreux à penser que les biotechnologies sont, parmi les technologies clés de l'avenir, promises à des développements très importants.

Certes, elles sont régulièrement et alternativement, soit portées aux nues, soit décriées. Mais, progressivement elles s'imposent dans tous les secteurs industriels où elles sont indispensables.

Depuis 25 ans, elles ont permis des avancées incontestables dans tous les domaines : agriculture, agroalimentaire, santé, environnement, techniques alternatives de production, méthodes d'analyse et de diagnostics. Hélas, elles souffrent de deux maux :

- Une surmédiatisation initiale des possibilités futures qui ont laissé les financeurs sur leur faim compte-tenu des délais de développement, amplifié par la comparaison impossible avec les NTIC,
- Une communication mal maîtrisée, parfois même inexistante qui génère auprès du public, impliqué indirectement par leurs usages, un phénomène d'incompréhension pouvant aller jusqu'au rejet.

C'est pourquoi, malgré des potentialités certaines, il apparaît que les biotechnologies seraient aujourd'hui moins avancées (ou moins appliquées) que certains l'ont souhaité voire même promis, bien que ce domaine soit considéré comme prioritaire par de nombreux pôles de développement économique et technologique.

Il n'en est pas de même pour la communauté scientifique et industrielle concernée qui, à périodes régulières, se rencontre pour faire le point sur l'état de ses connaissances et de ses progrès.

Aussi, existe-t-il des évènements nationaux tels que Biotechnica en Allemagne ou le Carrefour des Biotechnologies en France, mais les moments les plus représentatifs mondialement restent E.C.B. (European Congres of Biotechnology) pour les scientifiques et BIO (Biotechnology Industry Organization) pour les applications.

   Une dominante "Santé" ouverte sur les autres applications

Ainsi, du 24 au 27 juin 2001, à San Diego en Californie, une grande partie des acteurs mondiaux des biotechnologies industrielles s'est réunie. Nous y avons noté la présence d'environ 700 exposants (*) dont nous n'avons pas pu recenser très précisément la répartition en fonction des grands secteurs d'application. Cependant, une impression générale nous laisse à penser qu'environ 50 % des participants appartenaient au monde de la santé ou mettaient en lumière les applications santé de leurs produits, procédés ou services et 35 % des participants représentaient des équipementiers dont les matériels ont des usages multi-sectoriels soit en amont pour des recherches fondamentales soit en aval pour des services à façon.

Plusieurs remarques complémentaires peuvent être faites sur ce point :

- La très grande majorité des exposants (environ 500, soit plus de 70 %) sont présents grâce à une action collective (pavillon ou consortium),
- Quant aux 30 % ayant leur propre stand, un tiers environ sont des organismes représentant une région ou un pays. Le second tiers est composé des revues, de certains centres de recherches et des sociétés de conseils. Pour ces derniers, il est à noter une présence assez importante des grands cabinets de juristes ainsi que des consultants sur les normes. Seules les entreprises du dernier tiers (soit environ 70 à 75 sociétés) ont leur propre stand.

Il faut ajouter aussi que, en 2000, à Boston, les investisseurs et les sociétés de capital risque étaient très présentes. A San Diego, en 2001, bien qu'elles aient participé à différentes sessions de conférences, elles ont été très discrètes tant sur les stands que dans les allées.

   Un esprit "Pavillon" pour des états concurrents

Si on étudie un peu la géographie mondiale des biotechnologies vue à travers le filtre de BIO, une première chose est surprenante : la quasi absence de représentant asiatique. Est-ce conjoncturel ? Est-ce une sorte de boycott ? Nous n'avons pu avoir de réponse satisfaisante des visiteurs de ces régions.

Si on excepte une présence très dynamique de l'Australie et du Canada, il restait face à face les Etats-Unis d'Amérique et les Etats désunis de l'Europe. Quoiqu'en y regardant bien, il faille préciser que les biotechnologies "made in US" n'existent pas de façon homogène. Chaque état américain a son propre pavillon ; la concurrence est exacerbée et les niveaux technologiques sont très différents d'un état à l'autre.

Cela nous conduit à dire qu'il est absurde de comparer (là comme ailleurs) la France aux Etats-Unis mais qu'il conviendrait plutôt d'avoir une double lecture : d'une part, analyser la position de la France par rapport à chacun des 50 états américains et d'autre part, le niveau de l'Europe par rapport aux USA.

Pour ce qui concerne les états américains ayant une représentation biotechnologique importante, six états se distinguent : l'Ohio, le Wisconsin, le Massachussett, le Connecticut, le Maryland et bien entendu notre hôte la Californie.

Quant à l'Europe, six pays ont fait un effort remarqué : l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse et bien évidemment la France.

   Une France biotechnologique bien représentée

Que peut-on donc dire de la représentation française ? Que le CFME-ACTIM a coordonné un très beau stand (clair, esthétique et pratique) sur lequel ont pris place une trentaine de structures de développement économique locale ainsi qu'une trentaine d'entreprises. En outre, une délégation d'environ 120 personnes (*) a pu bénéficier de la formule donnant accès à toutes les manifestations. Cette représentation très importante nous a permis de nombreux échanges franco-français toujours très fructueux et rarement réalisés hors de telles circonstances.

En outre, cet événement a été l'occasion pour éditer et diffuser des présentations synthétiques des biotechnologies en France :

- "Biotechnologies in France" par France Biotech (*),
-
"Life Sciences in France" par Ernst & Young (*),

Quoique le contenu (et surtout l'impartialité) de ces documents puisse être contestable (et même contesté), ils ont l'avantage d'exister et de montrer la France biotechnologique sous un de ses aspects les meilleurs.

  Une occasion manquée pour les biotechnologies bretonnes


Et Quid de la Bretagne (et même de l'Ouest en général) dans ce concert ? Un seul mot nous vient à l'esprit : transparent. En effet, pour des raisons obscures, à l'automne 2000, le stand "Ouest" n'a pas pu se concrétiser. Puis l'initiative, trop tardive, d'Emergys quoiqu'ayant reçu un excellent écho n'a pas trouvé de place sur le stand français. Seul votre serviteur (CBB Développement), grâce à son rôle actif au sein de l'Adebio, a intégré la délégation française et donc pu d'une part, vous représenter et d'autre part, vous rapporter toutes les informations (ici résumées) qui sont à votre disposition au centre.

Outre le salon lui-même, ont été aussi très enrichissantes les conférences journalières. En effet, réparties en 15 thèmes (dans 15 salles différentes) ; ce sont 60 conférences par jour qui peuvent (théoriquement) être suivies. La liste complète (*) des quelques 200 conférences peut vous être communiquée ainsi qu'un très court résumé avec le nom des quelques 800 conférenciers qui sont intervenus alternativement.

Enfin, outre les annuaires des biotechnologies des différentes régions que nous avons rencontrées, nous avons pu lors d'une réunion organisée par BIO (Biotechnology Industry Organization) regrouper au sein d'un document (2001 Global Biotechnology Directory (*)) les coordonnées des organismes représentant les biotechnologies pour chaque état soit 10 pour le Canada, 31 pour les USA, 4 pour l'Asie et le Pacifique et 17 pour l'Europe.

Avant de conclure sur l'avenir, il nous faut évoquer le coût moyen d'une participation à une telle manifestation. Le stand de 9 m² était proposé par le CFME-ACTIM à 6000 euros et l'ensemble des frais de déplacement pour une personne ont été de 2000 $ us. Il n'aurait donc fallu trouver que 50 KF pour que les biotechnologies bretonnes aient la représentation qu'elles méritent au sein des biotechnologies françaises lors de la manifestation annuelle des biotechnologies mondiales.

En conclusion, on ne peut qu'espérer que les animateurs locaux de l'Ouest trouveront pour 2002 à Toronto une formule efficace pour fédérer les énergies et que les entreprises associées aux collectivités sauront trouver les moyens financiers d'une présence significative et représentative.

Le Directeur de CBB Développement
Gilbert BLANCHARD

L'ensemble des documents cités dans ce texte et marqués (*) est disponible à la consultation à CBB Développement ou en prêt pour les adhérents du centre.