HYGIENE ET SECURITE ALIMENTAIRE/36-97
ASEPT
CONTAMINATION
MICROBIENNE D'EAU MINERALE EN BOUTEILLE AU JAPON |
Ce document présente les résultats d'une investigation conduite sur la
contamination microbienne d'eau minérale conditionnée en bouteille à Tokyo au Japon.
Sur 292 analyses d'eau minérale, 20 % présentent des contaminants microbiens visibles à
l'oeil. 76 % des bouteilles contaminées le sont par des moisissures, les 24 % restants
présentent des contaminants bactériens. La majorité des bouteilles contaminées (70 %)
est d'origine étrangère et a été stérilisée par au moins une méthode. La
contamination est présente essentiellement sur de l'eau conditionnée depuis moins d'un
an.
Suite à des plaintes de consommateurs d'eau minérale conditionnée en
bouteille à Tokyo au Japon, une étude est conduite afin d'évaluer et de mesurer
l'importance de la contamination microbienne de ces eaux. La contamination se traduit par
l'apparition de corps étrangers visibles à l'il nu.
Entre le 12 septembre 1995 et le 8 décembre 1995, 292 bouteilles d'eau minérale sont
recueillies auprès des consommateurs et des revendeurs pour effectuer les analyses. Parmi
ces 292 bouteilles, 90 marques sont représentées dont 48 d'origine locale (109
bouteilles soit 37 %) et 42 marques d'origine étrangère (183 bouteilles soit 63 %). Les
analyses portent sur l'identification du ou des corps étrangers visibles à l'oeil nu et
sur le dénombrement microbien dans les bouteilles ne contenant pas d'éléments visibles
à l'il nu.
59 bouteilles présentent des corps étrangers microbiens (visibles à l'il nu)
parmi lesquels, 45 sont des moisissures et 14 des bactéries. Les échantillons
contaminés proviennent essentiellement de pays étrangers (70 % et 22 marques) dont le
Canada pour 11 marques, les Etats Unis d'Amérique pour 3, l'Australie et la Nouvelle
Zélande pour 2.
La majorité des eaux incriminées ont subi au moins un traitement de décontamination
comme le présente le tableau ci-après :

98 % des eaux minérales contaminées ont été conditionnées
depuis moins d'un an.
Les contaminants fongiques sont principalement des moisissures du genre Penicillium.
Des Cladosporium et des Acremonium sont retrouvés en quantité plus faible.
Toutes les espèces retrouvées n'ont pas formé de spores dans le produit et ne
produisent pas de mycotoxines. Le genre Aspergillus n'a pas été retrouvé.
L'importance de la contamination fongique par bouteille est faible (< 10 Unités
Formant Thalle/ml).
Sur les 247 échantillons ne présentant pas de contamination fongique visible à
l'il, 24 bouteilles présentent malgré tout une contamination fongique latente dont
le genre principal est Penicillium.
La contamination bactérienne visible se présente sous la forme d'agrégats cellulaires
de 2 à 5 mm. Le degré de contamination bactérienne de ces échantillons est plus
élevée que la contamination fongique (la contamination bactérienne est majoritairement
supérieure à 102 germes/ml). Quoi qu'il en soit, les coliformes, Pseudomonas
aeruginosa et les entérocoques n'ont pas été isolés.
Concernant les origines de la contamination, au regard de la nature des contaminants
fongiques qui sont communément présents dans l'environnement, plusieurs hypothèses sont
présentées : inefficacité des traitements de décontamination, recontamination au
niveau du processus, contamination des bouteilles avant remplissage, contamination de
l'eau au cours du remplissage par l'air ambiant. En revanche, l'origine hydrique des
contaminants semble exclue.
Cette étude a permis de mettre en évidence la possibilité de croissance fongique dans
l'eau minérale alors que, jusqu'à ce jour, les scientifiques jugeaient le milieu
nutritionnellement trop pauvre. Des recherches doivent être poursuivies afin de
connaître, comment et sous quelles conditions, les contaminants microbiens peuvent se
développer dans l'eau minérale conditionnée jusqu'à donner des corps étrangers
visibles à l'il nu.
Avis de l'ASEPT : sans pour autant émettre d'avis sur les dangers pour la santé du
consommateur lors de la consommation d'eau minérale présentant ces corps étrangers, cet
article fait le bilan d'une intéressante investigation. Il montre les grandes capacités
de croissance des microorganismes dans un milieu reconnu pauvre en nutriments. Nous
pouvons malgré tout regretter un certain chauvinisme des auteurs passant sous silence les
contaminations des eaux produites localement.
BARILLER J.
| FUJIKAWA H., WAUKE T., KUSUNOKI J., NOGUSCHI Y.,
TAKAHASHI Y., OHTA K., ITOH T. (1997). Contamination of microbial foreign bodies in bottled mineral water in TOKYO, Japan. J. of Applied Microbiology, (82), 287-291. |
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