AGROALIMENTAIRE/25-92

ADRIA

EFFICACITE DES PRODUITS DESINFECTANTS POUR L'ELIMINATION DES BIOFILMS


La formation de biofilms constitue, pour les microorganismes, une protection contre les agents extérieurs, en particulier les désinfectants. Ces biofilms sont constitués par des couches de bactéries adhérant aux surfaces, recouvertes de capsules polysaccharidiques, appelées glycocalyx. Un minimum de deux jours est nécessaire au développement de biofilms pour qu'ils aient un réel effet protecteur dans les conditions testées par ces auteurs. Les tests d'efficacité des produits désinfectants ne doivent pas uniquement être réalisés sur des bactéries en suspension, mais également sur des bactéries adhérentes à des surfaces, afin de tenir compte de l'effet protecteur des biofilms.

 

Les travaux présentés sont divisés en deux parties la première compare les tests en suspension et les tests sur surfaces, pour évaluer l'efficacité des désinfectants.

Cette première étude a porté sur les bactéries suivantes : P.fragi, E. hirae, L. monocytogenes et B. subtilis. Le support alimentaire de ces bactéries est une soupe à base de viande. Différents désinfectants ont été testés : un produit alcalin acide, un produit chloré, un iodophore, un composé ammonium quaternaire et un produit mixte. L'efficacité de ces produits a été testée dans deux conditions :
- sur des biofilms, formés par ces bactéries adhérentes pendant 96 h à 25 °C sur des surfaces en acier
- sur des suspensions bactériennes.

Dans le premier cas, les bactéries sont dénombrées après écouvillonnage des surfaces dans le deuxième cas, les bactéries sont dénombrées dans 1 ml de la suspension bactérienne.

Des analyses du glycocalyx, capsule polysaccharidique synthétisée par la bactérie et oui la recouvre et des dosages d'ATP sont réalisés.

Cette étude a montré que les différents désinfectants étudiés ont une activité plus efficace contre les bactéries en suspension que contre les bactéries adhérentes, avec des différences selon les espèces bactériennes.

La quantité de glycocalyx mesurée après désinfection est toujours supérieure sur les surfaces que dans les suspensions.

La seconde étape de l'étude a porté sur l'effet de la durée de formation du biofilm formé sur des plaques d'acier par P. fluorescens, Listeria monocytogenes, B. subtilis dans de la soupe à base de viande et dans du lait UHT, sur la résistance de ces bactéries à un désinfectant chloré,

On laisse le biofilm se développer sur des surfaces en acier pendant 24, 48, 72 et 144 heures avant d'appliquer le traitement désinfectant. Il semble que les mesures d'ATP constituent un bon indicateur de l'activité du biofilm.

Il apparaît selon ces auteurs que les biofilms de 72 heures sont plus résistants à la désinfection que des biofilms plus récents (24 heures).

En conclusion de ces études, il convient d'insister sur le fait que les tests d'activité des désinfectants doivent être effectués, non seulement sur des suspensions bactériennes, mais également sur des surfaces, sur lesquels les biofilms auront pu se former pendant au moins deux jours. Des recherches seraient nécessaires pour développer des produits de nettoyage-désinfection en tenant compte de ces problèmes. En effet, à l'heure actuelle, les produits fortement bactéricides ne sont pas efficaces pour éliminer les biofilms et inversement, des produits détergents, qui sont efficaces contre le biofilm, n'ont pas d'action bactéricide, d'où la nécessité de réaliser un nettoyage-désinfection en cinq phases : lavage à l'eau, nettoyage à l'aide d'un détergent, rinçage à l'eau, désinfection, rinçage à l'eau.


RANNOU M.

 

G. WIRTANEN, T. MATTILA-SANDHOLM (1992).
- Removal of foodborne biofilms. Comparaison of surface and suspension tests. Part I.
- Effect of the growth phase of foodborne biofilms on their resistance to a chlorine sanitizer. Part II.
Lebensm. Wiss. u. Technolo., 25, 43-49, 50-54.

 

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